Touche pas à mon Dimanche !
Nous avions déjà consacré un éditorial à la question du repos dominical (PS n° 235) mais l'actualité récente nous incite
à rappeler notre indéfectible opposition au travail du dimanche.
Récemment, Luc Chatel, secrétaire d’Etat chargé de la Consommation, et Xavier Bertrand, ministre du Travail,
se sont rendus un dimanche dans un centre commercial de la banlieue parisienne pour faire l'apologie du travail dominical.
Remarquons que, dans cette zone, plusieurs commerçants sont toujours sous le coup de procédures judiciaires pour
ce même motif. On a rarement l'occasion de voir deux ministres de la République aller défendre la cause de délinquants :
décidément, réforme et modernisation ont de curieuses formes d'expression !
On voudrait nous convaincre qu'il faut en finir avec ces réglementations d'une autre époque, ces blocages insupportables
à la libre entreprise et ce frein à la modernité qu'est le Code du Travail.
Nous devrions comprendre, pour échapper à notre sort d'intégristes rétrogrades, qu'il faut moderniser, réformer, déréguler,
libéraliser... et fouler aux pieds le résultat de cent ans de luttes sociales. Germinal... le retour !
Pourquoi empêcher les salariés de travailler le dimanche ? Pourquoi ne pas leur accorder cette liberté ?
Tout d'abord, convenons que la liberté n'existe pas dans le milieu du travail.
Qui peut croire qu'un salarié est parfaitement libre de refuser ce que lui demande son employeur ?
Dans le monde réel qui est le nôtre, nous savons tous qu'un salarié qui refuserait de travailler le dimanche
serait « marqué au rouge » avec toutes les conséquences que l'on peut imaginer !
Autre manipulation intellectuelle : le dimanche est « payé double », voilà qui est intéressant pour le salarié qui regarde,
effaré, son pouvoir d'achat subir le sort de la banquise en plein arctique.
Effectivement, l'aspect dérogatoire et exceptionnel du travail dominical entraîne souvent (mais pas toujours)
une majoration de la rémunération.
Problème : une fois le travail dominical devenu normal, combien de temps donnez-vous au gouvernement pour qu'il nous
déclare que cette paye double du dimanche n'est qu'un privilège poussiéreux qu'il est indispensable de sacrifier
sur l'autel de la modernité et de la réforme ? Plus de caractère exceptionnel, plus de majoration ! Limpide, non ?
Au-delà de ces aspects, c'est toute la vie de famille qui est perturbée. Avec les écoles fermées le samedi et le dimanche au boulot, que fait-on de ses enfants ? On trouve une nounou et on la paye double aussi ? Si le bilan humain est désastreux, le résultat économique de l'opération ne sera guère meilleur…
Jusqu'à quand allons-nous laisser nos gouvernants nous prendre pour des insuffisants du cortex ?
Comment réagir, me direz-vous ?
Face à une fuite d'eau, deux solutions : la bassine ou le robinet du compteur.
Si l'on penche pour la deuxième solution, la méthode est simple : supprimons la cause, cette dérive qui consiste
à penser que les salariés ont envie de venir dans les commerces le dimanche.
Bon sang mais c'est bien sûr !! Et si l'on arrêtait d'aller dans les magasins le dimanche ?
D'une part, nous rendrions inutile cette démolition du droit du travail ; d'autre part, ça nous éviterait de demander
à ces salariés d'accepter ce que nous refuserions pour nous-mêmes !!!
Car c'est aussi de cela qu'il s'agit : de quel droit demander à d'autres ce que l'on ne supporterait pas soi-même ?
Une fois encore, sans vouloir verser dans la moralisation stérile, un peu de solidarité ne nuit pas !
La Rédaction et le Bureau Syndical présentent à tous les militants et adhérents leurs*
Meilleurs Voeux
pour l’année 2009. Que celle-ci soit favorable à chacun d’entre vous.
Olivier CLARHAUT
Secrétaire Général.
| Retrouvez les éditoriaux des éditions précédentes | ![]() | ||||
| 1er trimestre | 2ème trimestre | 3ème trimestre | 4ème trimestre | ||
| 2009 | n°240 | n°241 | |||
| 2008 | n°236 | n°237 | n°238 | n°239 | |
| 2007 | n°234 | n°235 | |||
| Les News du Syndicat FO Pharmacie Nord-Pas de Calais | ![]() |